L’intelligence émotionnelle

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ?

Peter Salovey et John Meyer, deux universitaires américains, spécialistes en psychologie, ont été les premiers à utiliser l’expression “Intelligence Emotionnelle” (IE).

Pour eux, l’IE se situe à l’intersection des cognitions et des émotions. Les individus varient dans leur capacité à traiter l’information de nature émotionnelle et dans leur capacité à établir un lien entre ce traitement émotionnel et la cognition générale.

Ils définissent l’intelligence émotionnelle comme ” la capacité à percevoir l’émotion, à l’intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre les émotions et à les maîtriser afin de favoriser l’épanouissement personnel ” (1997).

Daniel Goleman, psychologue et journaliste scientifique, a découvert les travaux de Salovey et Mayer en 1990. Il s’en est inspiré et après quelques années de recherche, a écrit “l’intelligence émotionnelle” en 1995.

Le modèle proposé par Goleman a été adapté au contexte de la vie au travail en 1998. Il se décline autour de 25 compétences articulées autour de 5 axes :

    • La conscience de soi et la capacité à comprendre ses émotions ;
    • L’autorégulation ou la maîtrise de soi ;
    • La motivation interne ;
    • L’empathie ;
    • Les aptitudes sociales.

L’intelligence émotionnelle, mère des « soft-skills » ?

Selon Reuven Bar-On, l’intelligence émotionnelle est un ensemble d’aptitudes émotionnelles et sociales influençant la façon dont nous :

> Nous percevons et nous nous exprimons ;

> Développons et maintenons des relations sociales ;

> Agissons dans la difficulté ;

> Utilisons les informations émotionnelles de façon efficace et appropriée.

Au début était Darwin…

On commence à s’intéresser aux émotions à la fin du XIXième siècle avec les travaux de Darwin sur « L’expression des émotions chez l’homme et les animaux » (1872). Pendant un siècle, le sujet a prêté à de nombreuses controverses. Ainsi John Watson considérait les émotions comme des « phénomènes parasitaires dont on aurait intérêt à se débarrasser » …

Les recherches sur les émotions se situent à mi-chemin des neurosciences, de la psychologie et de la physiologie.

Aujourd’ hui tout le monde s’accorde pour reconnaître que les émotions engagent à la fois le corps et l’esprit. Elles sont une expression naturelle par rapport à un événement, et même une adaptation nécessaire.

L’intérêt accordé aux émotions est finalement assez récent. Elles se situent à mi-chemin des neurosciences et de la psychologie.

Le « Petit Robert 1 » (dépôt légal, 1er trimestre 1967), en donne la définition suivante :

« Emotion : réaction affective, en général intense, se manifestant par divers troubles, surtout d’ordre neuro-végétatif ».

On appréciera au passage l’emploi du mot « troubles » qui classe au choix les émotions dans la catégorie des déséquilibres ou dans celle des déviations… A vous de voir…

Ce sont finalement les découvertes récentes liés au développement de l’imagerie cérébrale, à la fin du XXième siècle, qui ont donné un coup d’accélérateur à la connaissance de l’esprit émotionnel.

Aujourd’hui tout le monde s’accorde pour reconnaître que les émotions engagent à la fois le corps et l’esprit, et qu’elles ne sont qu’une expression naturelle par rapport à un événement.

Pourquoi développer l’intelligence émotionnelle en entreprise ?

La plupart d’entre nous se souviennent d’avoir appris à lire à l’âge de 5 ou 6 ans. Êtes-vous capable de vous souvenir de vos premières leçons sur la compréhension de vos émotions ? Je ne parle pas de votre Maman qui vous a expliqué que se mettre en colère c’était mal (d’ailleurs c’est depuis ce jour que vous êtes incapable d’exprimer votre colère…), qu’il ne faut pas pleurer parce que vous êtes une grande fille, et que vous ne devriez pas vous sentir malheureux à cause des autres enfants dans le monde qui sont plus malheureux que vous… Non, je parle d’un vrai décodage lié à vos sensations corporelles et à votre état mental. Vous avez du mal à vous souvenir ? Normal, on ne vous a jamais appris, ni à la maison et encore moins à l’école… Et non seulement, on ne vous a jamais appris à parler émotions, mais on vous a aussi expliquer qu’il fallait se méfier de vos ressentis, de vos larmes, de votre colère, qu’il fallait les cacher ou les travestir pour les rendre acceptables.

Notre cerveau est « équipé » pour susciter et gérer les émotions. Ainsi les neurones miroirs jouent un rôle majeur dans l’empathie et dans notre capacité à établir des liens affectifs. Leur rôle est amplifié par de nombreuses substances neurochimiques qui participent à la régulation de l’attachement social (notamment « l’ocytocine »).

Nous venons au monde avec un capital de quatre émotions de base :

  • La joie (moteur pour avancer) ;
  • La colère (pour faire face aux obstacles et se défendre) ;
  • La tristesse (pour accepter le renouveau) ;
  • La peur (pour ne pas se mettre en danger).

La question n’est donc pas de nier ses émotions, ou celles des autres, mais plutôt de les reconnaître.

Nous développons donc de vraies lacunes pour mieux comprendre le fonctionnement des conflits, gérer les situations difficiles…

Un leader est un être humain, et à ce titre est sujet à émotions. Son équipe est composée d’individus, eux aussi émetteurs et récepteurs d’émotions. Deux bonnes raisons de penser que les émotions font partie de l’écologie du management et des composantes inaliénables du leadership.

Un dirigeant peut affirmer haut et fort qu’il n’a pas peur, si ses émotions le trahissent et expriment le contraire, ses équipes auront du mal à s’engager à ses côtés. Au contraire, pour devenir crédible il doit reconnaître ses limites et les émotions qui vont avec. Il les assumera ouvertement pour les dépasser, et avoir une chance de rallier ses troupes…

En 1998, Didier Deschamps, alors capitaine de l’équipe de France de football, s’exprimait à propos de son « patron », Aymé Jacquet :

« Il y a toujours eu entre nous deux une relation privilégiée, une grande complicité… D’une manière générale il a toujours été à l’écoute de ses joueurs ».

Deschamps n’évoque ni le professionnalisme, ni les compétences techniques du sélectionneur. Il évoque avant tout des caractéristiques liées au champ émotionnel…

Le langage émotionnel s’adresse au cœur, à la profondeur de l’être humain. Il fait sens de manière instantanée. Il ne nécessite pas de grandes explications… C’est le ferment primordial de l’alliance et de la confiance qui va avec.

Développer des capacités maîtresses

Pour les neurosciences les émotions ne sont pas seulement des indicateurs. Elles nourrissent des capacités maîtresses :

Créativité et intuition :

Par un alignement corps-coeur-esprit, auquel concourent les émotions, les intuitions apportent de vraies réponses. Le leader coupé de ses émotions, est donc privé d’une partie de ses ressources.

Capacité de mémorisation :

Plus l’émotion est forte, plus la mémoire est ancrée… C’est d’ailleurs ce qui explique l’extraordinaire force des émotions négatives. Il est vital pour l’individu et son espèce de se souvenir des sources de dangers.

Capacité de prise de décision :

Une part, plus ou moins importante, de la décision échappe totalement à toute prévision. C’est le fameux « flair ». Par ailleurs, la bonne décision, est simplement « celle que l’on est « capable d’assumer », car pleinement intégrée …

À propos

François DEBLY &
Jean-Christophe THIBAUD

Passionnés par le fonctionnement du cerveau, ces deux coachs exerçant depuis plus de 15 ans, vous proposent une formation autour du développement de l'intelligence émotionnelle et de la gestion des émotions.

Le langage des émotions