Emotions = Faiblesse ???

Emotions = Faiblesse ???

Dans notre quotidien de coach, Il y a parfois des petites phrases qui nous interpellent. Elles sont souvent le reflet d’une époque, de freins ou de vagues de changements.  Ainsi, en ce moment, dans nos séances de coaching, nous entendons beaucoup :

« En tant que manager, je ne peux pas montrer mes émotions…  Je passerais pour quelqu’un de faible ».

Et afin d’éviter la tentation du stéréotype, précisons que nous l’entendons aussi bien de la bouche des hommes que dans celle des femmes…

Confondre expression émotionnelle et « faiblesse » fait partie des freins que beaucoup d’entre nous mettent en œuvre, empêcheurs de penser ou manager en rond…

Et bien, puisque le coaching a pour objectif de permettre de penser en carré, triangle, ovale… tentons de passer cette vieille croyance au laminoir de notre esprit.

Recadrons, donc…

 

Ne suis-je pas à la hauteur si j’exprime mes émotions

Il est curieux de placer l’expression d’un ressenti, par essence passager et partie intégrante de notre physiologie, au niveau identitaire. Vous imaginez comme « quelqu’un de faible » dans cette situation (gestion d’une émotion) c’est poser le postulat que vous seriez asservi(e) par un état qu’il conviendrait alors de nier. C’est exactement la pensée qui a été développée durant des décennies par des générations de psychiatres et de chercheurs en sciences humaines concernant les émotions. Avoir des émotions serait nous renvoyer vers un état de nature, intolérable dans le cadre de la société… ou paraître régresser du point de vue de la civilisation, revenir vers l’état d’enfant. Est-ce vraiment ce que vous pensez de vous-même ?

Il y a pourtant un vrai problème à ne pas exprimer ses émotions : toutes les projections et les biais, tout aussi humains que les émotions, que va produire l’entourage en l’absence d’informations claires. Ces projections vont se révéler sous forme de phrases du type « il est froid, « c’est un robot », « elle se la pète », « elle ne ressent rien, une vraie tueuse ». Elles vont ensuite conduire à une image dégradée de la personne, à des malentendus, voir à une perte de confiance.

 

Les gros durs ne ressentent pas la peur…

Faux ! Petite suggestion : allez faire un stage chez les commandos des opérations spéciales. Celui qui n’a pas peur, surtout s’il a la position de leader, est un danger pour son équipe. Il est dans l’incapacité d’anticiper les risques. La « peur » c’est l’alarme qui permet de sauver sa peau et surtout celle de son groupe. Ce qui pose un problème ce n’est donc pas la « peur » mais son débordement qui entraine une incapacité à penser, voir un déni ou la sidération. Une « peur » bien calibrée est une force et un moteur pour s’échapper ou imaginer des stratégies face au danger, en entreprise comme chez les commandos.

 

Les mentalités évoluent… l’image des émotions aussi 

Il y a des gens qui pensent qu’exprimer ses émotions revient à de la faiblesse. Vous en trouverez forcément dans votre entourage professionnel. Pourquoi se focaliser sur ces personnes-là alors qu’elles sont de plus en plus minoritaires ?

En entreprise, la QVT, la résilience, les pathologies liées aux surcharges mentales font partie des sujets sur lesquels nous sommes de plus en plus nombreux à être formés. La majorité d’entre nous sont désormais au fait des « soft skills » et des qualités liées au savoir-être.

Peut-être alors, pour répondre à cette question, faut-il faire des liens avec des figures d’autorité du passé : l’autorité paternelle emprunte de colère, des réflexions du type « seules les petites filles pleurent » ou « pour être beau, il faut savoir souffrir ». Mais nous ne sommes pas thérapeutes… seulement des coachs. Alors, restons sur le présent et l’avenir : combien de personnes, dans votre entourage, font un lien entre faiblesse et émotions ?

Faites un sondage, vous pourriez être surpris(e) par le résultat. Les porteurs d’émotions (#EmotionsHandler) s’assument de plus en plus et n’hésitent pas à considérer la panoplie émotionnelle comme partie intégrante de la posture managériale.

 

Luttons pour l’alphabétisation émotionnelle

Les personnes qui pensent qu’exprimer une émotion est une preuve de faiblesse, curieusement, ont souvent peu de difficultés à exprimer la colère. Et généralement, si vous leur faites remarquer qu’elles sont en colère, elles vous hurlent dessus en vous disant que « NON PAS DU TOUT, JE NE SUIS PAS EN COLERE !!! »

Une petite introspection devrait vous renseigner sur la ou les émotions difficiles à nommer pour vous : « colère », « peur », « tristesse », « joie » ? Ou d’autres comme « honte », « culpabilité », « fierté », … Difficile de trouver les bons mots, n’est-ce pas ? Et si nous vous demandons en plus de localiser ces émotions dans le corps, ce sera quasiment mission impossible.

Alors, si nous faisions tomber le rideau du mot « faiblesse » et que nous regardions avec lucidité ce qui nous anime, que signifierait réellement l’émotion que nous refusons d’assumer ?

 

Et alors, je fais quoi maintenant ?

La lecture de cet article ne vous suffira certainement pas à changer radicalement de comportement.

La seule façon de changer, c’est… de changer !!! Autorisez-vous à exprimer ce que vous ressentez, sincèrement, avec une personne de confiance, ou bien avec un professionnel si nécessaire.

Vous pouvez aussi vous former, avec EmotionsHandler…

Besoin d’aide ? Contactez-nous !

 

Et surtout n’oubliez pas, les émotions ne font pas mourir, même pas de honte.